Comment écrire un roman en 13 étapes

Voilà, vous l’avez décidé, vous affûtez votre plus belle plume, et vous vous lancez à écrire votre roman.

Seulement, il est possible que vous déchantiez très vite. La magnifique oeuvre que vous imaginiez se transforme en cauchemar. Votre histoire est tellement alambiquée que vous vous y perdez. Vos intrigues se mêlent et même vous, vous ne savez plus où elles vous mènent. Vos personnages ont la consistance d’un fil d’araignée. Et tout d’un coup, la page blanche débarque et vous bloque irrémédiablement. Vous ne savez plus ce qui se passe dans votre histoire. Vous êtes bloqué(e).

Vous voilà en train de douter, de vous dire que c’est une folie, que vous feriez mieux de passer au macramé ou à la permaculture du chou…

Pas de panique !

Vous avez tout à fait raison de vouloir écrire votre roman. C’est à la portée de tout le monde. Vos idées sont certainement merveilleuses. Vous avez tout un univers à partager. Le vôtre. Chacun de nous est unique. Chacun de nous est précieux. Et ce que nous portons de plus précieux en nous est bien caché tout au fond. Il faut aller le chercher. Ça demande des efforts. Un peu de travail.

Donc, il faut un minimum de méthode, d’organisation, et c’est un travail qui demande un peu de rigueur. De la même façon que faire une baguette de pain aussi bien que son boulanger peut être compliqué… Sauf si on a la machine à pain, un bon mode d’emploi, et un peu d’entraînement. Sans oublier le plus important : l’envie de le faire. Sans envie, rien n’est possible.

Si vous avez ça, vous pouvez rapidement avoir un beau résultat, avec une histoire que VOUS aurez rédigée et dont vous pourrez être fier ou fière.

Voici mes conseils d’écriture de votre roman, en 13 étapes. Vous n’êtes pas supersticieux ?
Ça tombe bien !

Sommaire
    Add a header to begin generating the table of contents

    C’est compliqué d’écrire un roman ?

    Un roman commercialisable doit être considéré comme ce qu’il est : un produit. Donc, il y a un minimum de qualités à lui apporter. Il faut apprendre à “faire son pain”. Et manipuler la levure pour qu’elle gonfle correctement, c’est un art. Une excellente intrigue, accrocheuse, pleine de rebondissements et qui fait vivre des émotions à vos lecteurs, tout autant.

    Pour démarrer votre baguette, pardon, votre roman, je vais vous donner les conseils de base qui vous seront nécessaires. Appliquez-les avec méthode.

    Conseil numéro 1 : Vous n’avez pas besoin de talent pour écrire un roman

    Ce n’est pas un conseil, mais c’est un fait. Vous pouvez écrire une bonne intrigue. Ce qui veut dire apprendre à le faire. Par pitié, ne pensez pas que le talent fait tout. Je vois ça beaucoup trop souvent. Le talent n’existe pas. Le génie, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration, disait Edison. En clair, c’est du travail, des étapes précises. Une méthode à apprendre. Ce qui est une très bonne nouvelle : TOUT LE MONDE PEUT ECRIRE UNE BONNE HISTOIRE. Il suffit d’apprendre à le faire, et de s’entraîner aussi souvent que possible.

    Pour moi, un roman n’est pas écrit. Il est CONSTRUIT. Ce qui implique bien d’autres outils qu’un simple traitement de texte.

    Au final, le texte n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le paquet cadeau qui enveloppe ce qui sera la réelle friandise pour votre lectorat : l’histoire.

    Ecrire, c’est créer un jeu entre notre cerveau d’auteur et le cerveau de votre lecteur. C’est comme inviter Thésée dans notre labyrinthe… Avec nos minotaures, et nos trésors… Il a peur des premiers et il veut à tout prix trouver les derniers…

    Un labyrinthe, ça ne se construit pas avec simplement de l’intuition. Le plus facile, lorsqu’on débute, c’est de s’appuyer sur les méthodes qui marchent. Les recettes qui fonctionnent depuis des millénaires et que tout le monde peut adapter à ses propres idées.

    On parle de la structure en trois actes depuis 2000 ans, date à laquelle Aristote l’a décrite pour la première fois, et ce n’est probablement pas par hasard…

    Une fois qu’on a construit son intrigue, bien évidemment qu’il faut entrer dans les chaussures de notre Thésée et parcourir le chemin qu’on lui propose. Ou plutôt LES chemins… C’est encore mieux lorsque nos propos sont ambigus… Ça augure de très bonnes surprises pour celui qui lit lorsque les fausses pistes sont faites avec élégance.

    Et les surprises, jouer à « je suis plus malin » que toi, votre lectorat adore ça !

    Conseil numéro 2 : Apprenez à écrire une histoire

    Un roman, c’est avant tout un récit qui nous transporte et nous fait nous évader.

    Maintenant que vous savez que tout le monde peut apprendre à écrire une histoire, apprenez à le faire. Vous ne voulez pas le faire ? OK. Alors je vais vous donner les bases. Appliquez-les autant que possible.

    La base de la base, ce sont les points clefs, les pics émotionnels, qui vont donner du corps à votre livre. Faisons confiance à Aristote, il nous a expliqué il y a deux mille ans qu’un bon récit est une structure en trois actes. N’ayez pas peur, un peu de structure ne va pas brider votre créativité, c’est le point que j’aborde dans le chapitre suivant.

    Il y a donc trois éléments fondamentaux dans toute intrigue : la vie d’avant, avec ses rêves et ses espoirs, la catastrophe qui a changé le cours de la vie de votre personnage principal, et la vie d’après, les éléments qu’il en a tirés pour progresser et qu’il applique au quotidien, maintenant.

    Trois actes. Mais pas seulement. Vous pouvez aller chercher le chemin du héros pour couper chacun de ces actes en 4 parties, ce qui va vous donner une structure en 12 points. Pour ma part, je pousse parfois mes auteurs jusqu’à une structure en 144 points, ce qui permet vraiment de créer un roman très étoffé, parfaitement logique, plein de rebondissements et de passages extrêmement émouvants…Mais c’est assez compliqué à faire seul. Commencez par les trois actes, avec un pic émotionnel pour chacun d’eux. C’est un très bon départ.

    Attention, n’allez pas croire que la préparation en amont va faire perdre son âme à votre oeuvre. L’acte créatif est la rédaction. Il n’est en rien occulté par l’utilisation d’un plan, bien au contraire.

    Quelle que soit la sophistication de vos préparations, votre inconscient va toujours rajouter sa petite touche d’imprévu, voire carrément vous amener à changer vos plans en cours de route parce qu’une nouvelle idée vient de débarquer et qu’elle vous plaît énormément. Et en passant, vous faire passer des nuits blanches à essayer de faire rentrer des objets ronds dans des trous carrés… ça finit parfois par carrément donner naissance à un nouveau récit, et c’est formidable.

    D’où l’intérêt d’avoir des bases très solides dans la construction de vos récits : vous pouvez ainsi faire évoluer vos documents, ce qui va grandement minimiser les risques d’erreurs entre deux versions successives.

    Conseil numéro 3 : respectez votre processus créatif

    Ben oui, on parle d’écriture, là. C’est un art. C’est une création. Qu’est-ce que la froideur d’un plan vient faire ici ?

    C’est une excellente question, et c’est la principale raison pour laquelle tout le monde n’est pas capable d’écrire un roman juste parce qu’il en a envie. Pourquoi ? A cause de notre mode de fonctionnement.

    Parlons un peu psychologie cognitive. Qu’est-ce qu’une pensée ? Comment se forment les émotions dans notre cerveau ? Comment utilise-t-on notre mémoire ? Si vous avez la réponse à ces questions, alors vous comprenez pourquoi la page blanche peut débarquer à tout moment sans prévenir, pourquoi c’est quasiment impossible d’écrire spontanément un vrai roman lorsqu’on se lance pour la première fois, et pourquoi vous avez une folle envie de l’écrire, cette histoire.

    Je ne peux pas rentrer dans les détails du mode de fonctionnement de votre cerveau ici, parce que ça prendrait probablement un manuscrit entier à expliquer. Je vais vous donner une image facilement compréhensible.

    Il faut comprendre que l’écriture est un processus créatif. Vous allez donc solliciter des parties très spécifiques de votre cerveau. Vous avez sûrement déjà entendu parler du cerveau droit, créatif, et du cerveau gauche, analytique. Cette approche était directement issue du découpage anatomique de notre cerveau, qui est physiquement séparé en deux hémisphères. La réalité des neurosciences actuelles prouve que les choses sont beaucoup moins simples que deux hémisphères qui fonctionnent chacun de leur côté. En effet, les tâches cognitives font intervenir des réseaux de neurones répartis dans tout le cerveau, mais qui ont des fonctions très précises.

    Il y a de très nombreux réseaux de neurones impliqués dans la création, mais je vais vous parler de trois d’entre eux : le système réticulé activateur, la théorie de l’esprit et le réseau par défaut. Le réseau par défaut est la partie du cerveau qui reste active lorsque vous vous reposez, en particulier lors des phases de sommeil profond. Pas lors des phases de rêves, qui sont aussi actives que lorsque vous êtes pleinement éveillé(e), mais avec certaines zones inhibées, comme la cingula antérieure, une sous partie du système limbique. Le réseau par défaut va être l’acteur clef pour votre processus créatif. Le système réticulé activateur va être le grand gestionnaire de l’organisation des informations dans votre esprit. C’est lui qui est le juge de paix entre ce qui est important ou non. Enfin, la théorie de l’esprit va intervenir dans les dernières phases de rédaction. C’est elle qui est en lien avec l’empathie et qui sollicite, entre autres, les neurones miroirs. C’est elle qui va vous donner une écriture extrêmement efficace pour vous mettre en lien avec celui qui a votre histoire entre ses mains… Tout simplement parce qu’elle vous permet d’écrire en vous mettant littéralement dans ses chaussettes.

    Le processus créatif est à double tranchant. En effet, toute création exige que vous alliez puiser au fond de vous vos idées, les choses que vous voulez mettre sur le papier. Que vous le vouliez ou non, cela va solliciter non seulement vos pensées conscientes, mais également votre inconscient. Il s’exprime principalement dans l’activation du réseau par défaut. C’est lui qui va perturber votre jugement, parasiter la logique de vos pensées, vous amener à digresser ou occulter carrément des pans entiers de connaissances qui sont pourtant fondamentales pour comprendre les différentes étapes de votre intrigue.

    Pourquoi ? Parce que votre processus créatif va faire appel à vos émotions. Positives ou négatives. Inutile de vous faire un schéma sur la difficulté inhérente à parler d’un fait associé à des émotions négatives. Ce n’est pas pour rien que nous avons une censure très solide qui rend nos rêves totalement incompréhensibles. Ce n’est pas conçu spécialement pour vous embêter, ce sont des mécanismes de protection. Or ces mécanismes de protection, émotionnels, vont intervenir dans toute activité créatrice que vous allez mettre en place, quelle qu’elle soit ! Même si vous rédigez la plus rébarbative des recettes de cuisine. A partir du moment où vous créez, vous ouvrez la porte à votre inconscient. Et il va mettre le bazar, d’autant plus si vous n’avez pas l’habitude d’avoir des activités créatrices.

    En effet, il faut considérer votre cerveau un peu comme une sorte de cocotte-minute, qui est placé sous un flux constant d’aliments. Elle absorbe en permanence des informations, et elle en rejette la plupart. La très grosse majorité des choses qui entrent ressortent aussitôt. Mais ce qu’elle garde va aller se déposer tout au fond de la cocotte après avoir passé plusieurs barrages, stades de cuisson, etc… Ces processus métamorphosent les aliments, les cuisent, les mêlent… Qu’est-ce qui se passe lorsque vous ne videz pas votre cocotte ? La cuisson est trop longue. Les aliments se transforment en bouillie, et fusionnent. Puis, la cocotte déborde. Les aliments transformés ressortent, mélangés entre eux, modifiés. En clair, chaque information sera associée à une ou plusieurs émotions. Des faits importants et sans lien seront ainsi liés, sans aucune logique autre qu’émotionnelle. Et vous allez vous retrouver avec ce qui va vous sembler un vrai bazar. Alors qu’il y a une logique sous-jacente, mais une logique totalement inconsciente. Voila pourquoi vos romans, surtout s’ils sont spontanés, peuvent facilement rater des étapes dans la logique…

    Ces denrées viennent aussi à votre conscience lors de vos rêves. Le sommeil est le processus par lequel le cerveau « nettoie » ce qu’il renferme. Il rappelle à la conscience les sons, images, impressions, émotions que vous avez vécus. Ce processus permet de mémoriser ce qui est important pour vous, et de supprimer ce qui ne l’est pas.

    Il permet aussi de nettoyer les traumatismes. Mais pour ces derniers, le processus est plus complexe, car ils restent plus longtemps, donc ils se mêlent davantage aux autres émotions. Ensuite, l’énorme charge émotionnelle associée aux faits va requérir une dissimulation plus grande, davantage de paravents, en quelques sortes, pour protéger votre conscience. Parfois, l’émotion est si grande et douloureuse que les informations s’enkystent d’une certaine façon. Ce qui explique, entre autres, les cauchemars récurrents, qui ne nettoient pas votre cerveau mais vous empêchent de vous reposer et de vous réparer. Dans ce cas-là, il faut trouver un autre moyen d’exprimer la douleur.

    Si vous démarrez une activité créatrice, alors ces informations vont débarquer et polluer systématiquement vos créations. Parfois en entraînant des blocages, des pages blanches, des incapacités à finaliser votre manuscrit. Ou des divergences, plus ou moins grandes, qui vont rendre votre résultat final peu accessible et non utile pour ceux qui vont essayer de plonger dans votre univers.

    Donc, la créativité, c’est parfait. Mais elle doit se doubler systématiquement d’un recadrage dans le plan que vous avez conçu. Ces relectures, modifications, entraînent la création de différentes versions, et c’est ce processus là qui va vous donner de vrais romans. Certains auteurs font le plan a priori. D’autres préfèrent a posteriori. Peu importe, du moment que tôt ou tard, vous mêliez la logique à votre création.

    Et là, vous serez capable d’écrire de vrais romans.

    Conseil numéro 4 : utilisez des outils

    Comme je l’ai dit au-dessus, travailler avec un plan, c’est la base de la base. Bien entendu, il faut qu’on connaisse notre propre labyrinthe sur le bout des doigts, si on ne veut pas que notre lectorat se mette en colère. Rien de pire qu’une incohérence ou une erreur dans un texte qu’on aime. On ne peut pas le pardonner à l’auteur. Ben oui, on s’implique à fond dans notre lecture, on VIT les personnages, l’histoire, l’univers, et son auteur fait les choses à moitié ? Pas possible, ça !

    Alors, quand on a la mémoire défaillante, comme moi, ou qu’on a des ambitions énormes, genre on se lance dans une saga avec plusieurs univers, une demi-douzaine d’intrigues nouées et une bonne vingtaine de personnages, il faut qu’on évite la moindre erreur.

    Pour ma part, j’utilise plusieurs outils. D’abord, je construis mes intrigues avec un tableur (comme excel) pour son architecture générale. Impossible de passer à côté des points clefs d’intensité dramatique maximale. C’est le cœur et l’essence du récit. Sans ça, on n’a pas d’histoire.

    Ensuite, je crée une carte, pour la matérialisation physique des différentes scènes fondamentales. La carte est un outil exceptionnel pour la vision d’ensemble et la mémorisation. Attention, il faut qu’elle soit rédigée de façon à maximiser son impact. C’est à dire qu’il faut un chemin, et que ce chemin passe par des points distincts visuellement. En général, il vaut mieux utiliser des couleurs et des objets très précis et différents.
    C’est extrêmement efficace pour mettre en place une très bonne gradation des enjeux. C’est souvent un point de faiblesse chez les auteurs débutants.

    La carte est également un outil de choix pour travailler la symbolique de notre récit, ce qui est la voie royale pour parler directement à l’inconscient de celui qui vous lit (et là, c’est un impact ENORME sur notre Thésée… 😉

    Je conseille souvent à mes auteurs de travailler avec des outils de carte mentale, pour bien matérialiser les relations de cause à effet dans les romans. En effet, dans un bon roman, le personnage principal déclenche la majorité des événements qui lui tombent dessus. Une des techniques très efficaces dans la narration est la préparation paiement. Un événement qui crée des conséquences d’une scène à l’autre. Tous ces éléments, disparates, peuvent sortir de la mémoire si on ne les matérialise pas. Une carte mentale est idéale, ou si vous n’avez pas l’habitude d’en utiliser, un bon paquet de post-it et un mur blanc font tout à fait l’affaire.

    Conseil numéro 5 : Offrez-vous des rendez-vous d'écriture

    Ok, ce n’est pas facile quand on a une famille, un travail, des activités sportives, etc… Mais c’est une pratique quotidienne qui va vous donner ce qui est la source de tous les écrivains : une brèche dans la censure que votre inconscient vous impose, et qui est la principale raison de la page blanche et des blocages. Plus vous vous entraînerez à aller chercher ce qui vous porte et à le mettre sur le papier, plus ça sera facile. Conservez votre routine jusqu’au mot “fin”.

    Conseil numéro 6 : Faites du sport

    Quel rapport à l’écriture, me direz-vous ? Tout, en fait. La majeure partie des débutants que j’accompagne me dit souvent « je n’ai pas le temps d’écrire ». En fait, c’est une grosse erreur de penser ça. Ce n’est pas le temps qui manque. La preuve, en général, quand arrivent les vacances, on s’achète un beau cahier tout neuf pour écrire… et à la fin du congé, on n’a pas pondu une ligne. Ou à peine quelques pages.

    C’est parce que ce n’est pas le temps qui manque. C’est l’énergie. Lorsqu’on est épuisé par sa journée, on n’aspire pas à écrire, on aspire à faire une pause.

    Or, la seule chose qui peut vous donner plus d’énergie que ce que vous avez à présent, c’est le sport. Au moins 10 minutes par jour. On dort avec un sommeil de meilleure qualité, on est moins fatigué dans la journée, et au final on fait plus de choses… Dont écrire (et je ne parle même pas des bienfaits sur l’humeur et le moral. C’est la cerise sur le gâteau !)

    Conseil numéro 7 : N’écrivez pas en pensant au résultat final

    Cessez de vous projeter dans le résultat final. Commencez votre roman, prenez plaisir à l’écrire, menez-le jusqu’à la fin. Rome ne s’est pas faite en un jour. Vos compétences d’écrivain non plus. Pourquoi ce conseil est fondamental ? Parce que si vous ne l’appliquez pas, et que vous passez votre temps à vous relire avec un regard critique alors que vous êtes en pleine phase de rédaction, vous allez déclencher un profond conflit entre votre inconscient et votre conscient.

    Le premier va vous envoyer vos idées en vrac, pêle-mêle. Ce n’est pas de la maladresse, c’est totalement volontaire. C’est comme ça qu’il va vous protéger des émotions profondes et hyper violentes qui sont la base de votre cerveau reptilien. Ce sont ces émotions qui sont en lien avec la construction de votre personnalité, et qui feront de votre histoire un « bon » livre, en tout cas, un roman qui sera impossible à lâcher.

    Toutefois, cet émotionnel n’est pas suffisant pour créer une histoire. Au contraire. Il va falloir bien analyser, sabrer, nettoyer et arranger tout ça pour en faire une intrigue logique, intéressante, voire même passionnante. Bienvenue dans le monde merveilleux des écrivains pro.

    Conseil numéro 8 : travaillez vos personnages

    Ah, le sacro-saint personnage. C’est lui le véhicule des émotions de vos lecteurs. C’est la clef de leur identification. Ainsi que des vôtres, en passant… pourquoi les personnages sont aussi importants ? Parce que votre lectorat va tomber en amour pour eux. Parce qu’ils seront les points les plus importants de votre récit.

    Il faut des personnages avec des caractéristiques précises. Sachez qu’en écriture, c’est comme dans un dessin animé : aucun élément n’est là par hasard. Chacun de vos personnages doit avoir une construction qui illustre la thématique de votre roman, qui sert à quelque chose. En général, j’en octroie quatre à mes personnages secondaires : Une dimension archétypale, une dimension thématique, une personnalité basée sur l’Ennéagramme (le MBTI fonctionne aussi), et bien entendu une profonde dimension dramaturgique. Très souvent, j’y ajoute aussi une dimension symbolique, ce qui permet de les différencier immédiatement. Avec ces quatre dimensions, aucun risque d’avoir des personnages secondaires qui se ressemblent. Par pitié, abandonnez les « fiches de personnages » interminables qui listent des caractéristiques totalement inutiles. Ce n’est pas la couleur du pantalon d’Albert qui fera de lui un élément fondamental de votre roman, non. A moins que vous n’ayez poussé la symbolique du pantalon extrêmement loin…

    Conseil numéro 9 : Travaillez avec des bêta-lecteurs

    Une fois le manuscrit terminé, faites-le relire. Pas par vos proches. Tata Huguette sera la première à s’extasier, mais il est probable que son opinion sur la réelle qualité de votre production manque d’objectivité. Il faut que les personnes qui vont vous faire des retours aient déjà rédigé eux-mêmes des romans à succès, ou à minima fassent partie d’atelier d’écriture (et pas d’atelier d’écriture seulement créative, pitié !).

    Conseil numéro 10 : Ne déprimez pas lorsque vous recevez un retour négatif de vos bêta-lecteur

    Ben oui, c’est le job de votre partenaire en écriture de vous dire ce qui va… mais surtout ce qui ne va pas. Est-ce que ça veut dire que vous êtes minable et que vous feriez mieux de vous tourner vers l’élevage des chèvres dans le Larzac ? Pas vraiment. Ça veut juste dire que Rome ne s’est pas fait en un jour, pas plus que votre apprentissage en tant qu’auteur.

    Un roman n’est pas écrit. Il est re-écrit, peaufiné au fil des versions. Surtout si c’est votre premier. 100 fois sur le métier remettez votre premier ouvrage. Votre manuscrit ne sera pas terminé tant qu’il vous restera des corrections à lui apporter. On ne vend jamais un premier jet. La dernière chose que vous devez prendre en compte pour juger de la qualité de votre écriture, c’est le nombre de pages que vous avez noircies.

    Courage ! C’est le moment le plus difficile de votre vie d’auteur.

    Conseil numéro 11 : Faites corriger votre roman

    Comment ça, c’est pas ce qu’on a fait à l’étape au-dessus ? Ben non. La bêta- lecture est un retour et une correction sur le fond. Là, il faut travailler sur la forme. Le français. L’orthographe. La grammaire et la conjugaison. Tous ces trucs rébarbatifs au possible qu’on a dû se farcir à l’école et qu’on s’est empressé d’oublier aussi vite que possible. Ben, maintenant, il faut trouver quelqu’un qui ne les a pas oubliés. Et qui en a fait son métier, si possible. Ne pas travailler avec des petits rigolos et de se retrouver à la fin avec un torchon plein de fautes qui va rendre votre lecteur fou de rage est la base (surtout si votre roman, sur le fond, est excellent !).

    Conseil numéro 12 : Développez votre tour de main.

    C’est connu en cuisine, mais c’est valable dans n’importe quel corps de métier, surtout s’il a des dimensions artistiques. Pour le faire, la règle est simple : Ecrivez, lisez, analysez, et écrivez encore. Ecrire est un métier comme un autre.

    Une fois toutes ces étapes franchies, aucune raison que vous ne soyez pas fier(fière) de votre premier bébé. Et il sera temps de mettre en route le suivant…

    Conseil numéro 13 : Croyez en vous.

    C’est bien plus important qu’un simple conseil. Ça devrait devenir une règle de vie. Je vois trop de personnes qui ont un vrai potentiel renoncer parce qu’ils doutent. Tout le monde peut devenir un bon écrivain. C’est une simple question de travail et de méthode. Stephen King a mis 15 ans avant de trouver un éditeur pour son premier roman. J.K. Rowling a contacté des dizaines d’éditeurs avant d’en trouver un pour Harry Potter (et encore, il n’a cédé que parce que sa fille lui cassait les pieds pour savoir la suite de l’histoire !).

    Apprendre à écrire, sortir un bon manuscrit et vivre de sa plume, ça prend du temps et des efforts quotidiens. Mais c’est possible pour la très grande majorité des gens. Croyez en vous, écrivez, apprenez petit à petit le magnifique métier d’écrivain. Passionnez-vous pour ce que vous faites. Prenez du plaisir à écrire. Et rien ne pourra vous empêcher de réussir.

    Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à la conférence en ligne gratuite que je donne sur l’écriture, il vous suffit de vous inscrire en CLIQUANT ICI

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *