X-men : Days of future past

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Si vous n’avez pas vu le film, n’ayez pas peur de lire ce post. Mon objectif n’est pas de commenter l’histoire ou de l’analyser en détail, mais d’attirer votre attention sur quelques points.

Tout d’abord, je voudrais souligner le travail des scénaristes. Ce n’est pas rien, de travailler sur une série de films à succès. Celui-ci est le septième opus, et conserver intact l’intérêt des spectateurs, sans faire de redite, en respectant les personnages et leurs desseins, ce n’est pas facile. Contrainte supplémentaire, les personnages du préquel ayant tellement plu, il fallait réussir à les mêler à ceux des premiers films. Il n’y avait que deux solutions : jouer sur les flash-backs et les flash-forwards, ou aller directement dans les voyages dans le temps. Ils ont opté pour la seconde solution.

UN FILM A THEME

Alors, ce film est-il une énième histoire de mutants qui font des choses spectaculaires à grand renforts de budgets faramineux? Oui. Mais pas seulement. Les films basés uniquement sur les effets spéciaux sont de bons divertissements, mais ce ne sont pas ceux qui restent. Il y a donc deux points sur lesquels j’aimerais attirer votre attention. Le premier est la thématique. Pour les novices, la thématique, c’est le message caché dans toute œuvre littéraire. Ce dont parle vraiment le livre que vous lisez, ou le film que vous regardez. Les personnages et l’histoire ne sont qu’une illustration de la thématique. Nous reviendrons largement sur ce principe tout au long des prochains posts. Il faut noter d’abord qu’il y a généralement plusieurs thématiques abordées dans une œuvre, avec une thématique principale.

Bref, dans ce film, une des principales thématiques est orientée sur la résilience. Ha, ha! Vous voilà bien avancés. C’est quoi, la résilience? En physique, c’est la capacité d’un matériel à récupérer sa forme après une perturbation. Vous pouvez observer une magnifique résilience, si vous prenez le temps de vous assoir au bord d’un lac, par temps calme (Evitez les coins avec du vent!). Jetez une pierre dans l’eau. Vous verrez des ondulations. Et si vous attendez assez longtemps, vous verrez que ces ondulations s’éloignent, et que la surface retrouve son horizontalité. Et son calme. Et bien, la résilience est aussi un terme utilisé en psychologie, et il revient à peu près à la même chose : le fait que les gens retrouvent leur équilibre après une perturbation. Et leur calme. Vous voyez ce dont je veux parler? Effectivement, ce n’est pas toujours aussi facile… J’en parlerais dans de prochains posts, ainsi que du concept de lâcher-prise.

La résilience est un processus long et douloureux. Pas facile de le traiter dans un film qui doit caser au moins deux scènes de désolation totale et extrêmement spectaculaires. Il faut bien reconnaitre que le pari est assez réussi. Malheureusement, entrer davantage dans le détail de l’incarnation de la thématique me ferait totalement spolier le film. Mais si vous allez le voir, posez-vous la question suivante : comment chacun des personnages gère la douleur des traumatismes précédents? Juste pour avoir une petite idée de comment on peut jouer avec une thématique.

TRAVAIL SUR MAGNETO

Autre point digne d’intérêt au sujet de ce film, c’est le travail sur chacun des personnages. On recoupe l’idée précédente, mais pas seulement. Une partie du film se base sur un évènement que l’on ne voit pas, qui devait être le centre d’une première version du scénario, finalement abandonnée. Il était question de l’assassinat de Kennedy, et du rôle qu’aurait pu jouer Magneto dans cet évènement. Quoi de plus logique que d’impliquer un homme qui peut manipuler le métal à volonté dans la théorie de la balle magique? Et bien, l’exploitation de cette idée a fait l’objet d’un teaser, et d’un site dédié, que vous pouvez trouver ici :

http://www.thebentbullet.com

Le texte est long, et en anglais, mais pour ceux qui aiment travailler leurs personnages, il en apprend beaucoup sur le travail de fond réalisé sur Magneto. Et si vous êtes assez nombreux à me le demander, je pourrais en faire une traduction annotée. Pour ceux qui ne connaissent pas la théorie de la balle magique, allez donc voir un autre film particulièrement bien fait et joué : JFK.

DE L’UTILISATION DE LA MEMOIRE

Autre point que je voulais traiter dans ce post, qui décidément s’allonge de plus en plus, c’est de la façon dont les scénaristes se sont servi des six autres films. Il est évident qu’il faut avoir vu au moins Le commencement (First Class), quelques un des films dédiés à Wolverine, et au moins le premier film X-men pour comprendre la majeure partie de l’histoire. Il y a des références évidentes, clairement énoncées, lorsque l’histoire ne peut se passer du rappel de ces évènements. Mais il y a de nombreuses d’autres références, beaucoup plus subtiles, généralement silencieuses, soulignées par une image, ou simplement un regard d’un des personnages. Pourquoi est-ce important, et pourquoi en truffer le film? Pour deux raisons essentielles. La première, parce que ça participe à la solidification de l’univers. ça augmente les liens entre les films, les englobant dans un tout. Le fait que les films soient en relation avec des évènements marquants de l’histoire participe du même principe. La seconde, primordiale, c’est que c’est une sollicitation directe de notre mémoire. Parfois, on sent la pause que fait le personnage ou le rythme de l’enchainement des images. On sent qu’il y a quelque chose sur laquelle le réalisateur voulait attirer notre attention. Alors on cherche. On regarde le film plus attentivement. On plonge dans notre mémoire. Et quand on trouve, on se sent tout content, presque illuminé d’avoir mis le doigt sur la subtilité. Vous voyez où je veux en venir : dans ce processus, nous faisons appel à notre mémoire, à nos capacités d’attention, à nos capacités d’analyse. C’est une implication totale de notre attention, une focalisation.

Voilà le but premier d’une bonne histoire, et voilà un des artifices qui permet d’accrocher l’audience. Et faire appel à la mémoire est particulièrement subtil, puisqu’elle est en lien direct avec le centre de gestion des émotions. Or, susciter des émotions est le but premier d’une histoire qui marque. Et souvent, le clin d’œil est un trait d’humour, ce qui est aussi une autre façon de faire appel aux émotions (je reviendrais sur l’humour et son utilisation dans d’autres posts).

Il y aurait encore beaucoup à dire si on voulait analyser l’intégralité du film. Et vous, allez-vous le voir? L’avez-vous vu? Et qu’en avez-vous pensé?

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