Transcendance

Transcendance

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

Merci à notre cher Rabelais pour cette citation, qui trouve parfaitement sa place dans l’analyse de ce film. C’est effectivement l’histoire d’un scientifique, de sa femme et de son meilleur ami, qui font des avancées majeures dans l’intelligence artificielle. Mais qui dit intelligence, dit fonctions supérieures. Très vite, la thématique se pose sur le problème de la conscience.

La notion du bien et du mal peut-elle être inculquée à une machine? Voilà la question fondamentale du film. C’est une thématique très riche, qui peut très vite déboucher sur des questions hautement philosophiques. La conscience, l’âme, est-elle uniquement divine? Mais alors, peut-elle être créée par l’homme?

Le film étant grand public, cet aspect est finalement à peine effleuré. D’abord parce qu’il manque de clinquant, d’action, ensuite parce qu’il peut trop facilement être politiquement incorrect. Mais le film a quand même un parti pris, et déroule la thématique jusqu’au bout. Et c’est une des grandes clefs d’un récit qui se tient. On doit poser des questions thématique, et envisager toutes ses incarnations au cours du récit. Mais il ne faut pas se contenter de ça, il faut aussi exposer, lors de la conclusion du climax, la position ferme à laquelle le récit tend. Et dans ce domaine, le film est parfaitement construit. La réponse est claire, elle est le point d’orgue de la scène finale. Pour ceux qui ne le savent pas, le climax c’est la dernière scène hautement émotionnelle de tout récit. Là où le héros atteint ou pas son objectif. Là où tout se joue. Oui, là, la dernière porte à gauche avant le placard des dénouements…. Vous avez trouvé? Bien!

Une symbolique parfaitement maitrisée, dont un Gimmick bien assis

Autre point intéressant du film, vous trouverez régulièrement des images symboliques. C’est le cas dans tous les films, elles sont plus ou moins visibles, elles participent à la manipulation du spectateur. Dans ce film-ci, c’est la chaise, qui devient un point récurrent. Alors, pourquoi la chaise? Là, l’interprétation est libre. Pour ma part, j’en ai conclu qu’elle représente le travail intellectuel, qui s’effectue bien souvent assis… On la voit donc incarner la décrépitude physique du personnage principal, comme incarner brièvement le réconfort dans un loft dédié à sa femme. Les repérer permet de mieux comprendre la volonté du réalisateurs sur certains points du film.

Au niveau des messages inconscients, le film est très bien construit, ce qui coule de source lorsqu’on sait que le réalisateur a été longtemps directeur de la photographie. Observez bien les différentes lumières utilisées, dans les différents environnement. La deshumanisation est parfaitement expliquée par les décors, et leurs mises en valeurs au niveau de la lumière. C’est aussi une symbolique forte de l’implantation dans le désert qui est employée ici. Et pour ceux qui aiment les œufs de pâques (“eastern eggs” : les pépites que les réalisateurs cachent dans leurs films), sachez qu’un très célèbre informaticien est cité brièvement dans le film. Si vous le demandez suffisamment, je vous le dévoilerais en commentaire…

Voilà pour quelques techniques que l’on peut tirer de ce film. Si vous en avez vu d’autres, n’hésitez pas à  les partager dans les commentaires…

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