Premières questions sur l’identification

Demandez autour de vous. Tout le monde tombera d’accord sur un point : si on lit des livres, et si on regarde des films, c’est parce qu’on s’identifie au héros. Mais pourquoi a-t-on tendance à s’identifier ? Est-ce qu’on s’identifie toujours au héros? Est-ce que cette identification est solide? Et comment faire pour que nos héros deviennent les irrésistibles réceptacles des projections de nos lecteurs ? On va commencer par s’intéresser à la première question.

les racines psychanalytiques de l’identification

Tout d’abord, un peu de psychologie. Et oui, c’est rébarbatif, poussiéreux et compliqué, mais courage, ça va être court, promis… Freud est le premier à décrire le processus, en 1897, et développera largement cette idée entre 1914 (Pour introduire le Narcissisme) et 1923 (Le Moi et le Soi). Selon lui, la construction de la personnalité en découle directement. Le bébé qui vient de naitre considère toute chose qui l’entoure comme faisant partie de lui-même. Y compris ses parents et le sein qui le nourrit. La réalisation de la séparation est un des premiers grand cataclysme émotionnel notre histoire personnelle. Lacan, dans l’imaginaire, va développer une théorie similaire, selon laquelle « l’ego est constitué dans son noyau par une série d’identifications aliénantes ». Il va également passer une année entière, entre 1961 et 1962, à traiter de l’identification comme processus de construction de la personnalité.

Je vais probablement revenir à plusieurs reprises sur ces approches fondamentales, mais faire une thèse comparative sur les différentes théories de l’identification n’est pas le but de ce blog.

Identification et comportement identitaire

Ce qu’il faut savoir, c’est que c’est un réflexe atavique dans le développement de chaque être humain, et qu’il est reproduit tout au long de la vie. Quelques exemples : Avez-vous vu deux motos se croiser sur la route devant vous ? Vous remarquerez qu’ils échangent systématiquement un petit signe de la main. Ne croyez pas que ce sont forcément des gens qui se connaissent de longue date. Ils soulignent simplement leur appartenance à la grande famille des motards. Et on peut noter que les conducteurs d’une marque américaine très connue ne participent jamais à ces petits échanges amicaux.

Le groupe créé son identité sur une chose commune, partagée par tous. Il exclut ceux qui ne présentent pas cette identification.

Rappelez-vous la première fois que vous rencontrez quelqu’un et que vous discutez. La discussion s’engage généralement sur la recherche de point commun, n’importe lequel. Tant que l’on ne l’a pas trouvé, chacun reste sur sa position. Et lorsqu’on le trouve, aussi insignifiant soit-il, la réaction est toujours identique : le sourire. La chose commune est rassurante.

Ce mécanisme est si puissant qu’il sert de moyen de survie dans les cas les plus extrêmes. Je vous citerais le syndrome de Stockholm, où une personne kidnappée ressent des sentiments d’attirance très forts pour son kidnappeur. C’est un réflexe de la personnalité, qui cherche à s’échapper de l’angoisse que représente celui qui exerce sa domination, en le transformant en un allié, même si cette transformation est purement artificielle.

Mais revenons à des choses plus tranquilles. Donc, l’être humain est en recherche d’identité. Soit il s’amalgame à l’autre sur la base d’une chose commune, soit il le rejette sur la base d’une différence. Ce comportement est couramment observé dans des groupes sociaux animaux.

Ce processus d’identification est donc un moyen très puissant, pour l’auteur, de captiver l’attention de son lecteur. Nous développerons ce sujet dans d’autres posts.

Et vous, que pensez-vous de l’identification?

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