Le titre, c’est important? Comment trouver votre titre

Le titre n’est pas important, il est essentiel ! (Et seule la décence m’a retenue de d’écrire ce mot en majuscule).

Pourquoi, c’est essentiel ? Parce que c’est ce qui va caractériser votre livre. Parce que ce sera la première réponse à la question que vos proches ne vont pas manquer de vous poser après avoir dit « Ah bon ? T’as écrit un livre, toi ? ». C’est le prénom que vous donnez à votre bébé. Qui va le suivre tout au long de sa vie. C’est comme le nom de votre personnage préféré. Sa simple évocation va faire déferler une somme d’émotions, en vous, parce que vous l’avez écrit.

Et bien, il faut que ce soit la même chose pour vos lecteurs. Et vous savez le plus drôle ? C’est qu’il faut que ce soit la même chose pour vos lecteurs AVANT MÊME qu’ils aient commencé à le lire ! Et sans qu’ils sachent qui vous êtes. Pour ça, il y a plusieurs possibilités.

Il faut garder deux buts en tête lorsque vous choisissez votre titre :

1) Votre titre doit évoquer le contenu du livre

2) Votre titre doit capter l’attention du lecteur

C’est bien joli, tout ça, mais comment on fait ? Pour une fois (dirons les mauvaises langues), entrons dans les détails techniques.

GENRE : Votre titre doit annoncer ce que vous avez écrit. Pour que les lecteurs qui le choisissent aient ce qu’ils attendent. Pour bien faire, il doit cibler le genre de votre roman. Par exemple, la fantasy fait la part belle au bestiaire fantastique (Siegfried et le dragon) et au monde médiéval (Le trône de fer, l’assassin du roi, La quête de l’épée). Les romances ont généralement un titre qui évoque l’amour (L’éducation sentimentale, La belle et la bête,…). Les romans policiers évoquent presque systématiquement le meurtre et le sang (le crime de l’Orient Express)… Vous comprenez le principe. C’est une première sélection.

CONFLIT : Autre possibilité, faire référence au conflit que va affronter votre héros. Je reviendrais sur cette notion essentielle, parce qu’un bon conflit est le cœur et l’âme d’un bon roman. Du coup, il peut aussi parfaitement servir d’accroche. Exemples : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, à la recherche du bonheur (traduction de in the pursuit of happiness, titre qui prend tout son sens quand on voit le film, où Will Smith passe son temps à courir…), le mystère de la chambre jaune, … Là encore, la subtilité est de mise : on se doute bien qu’évoquer le conflit ne veut surtout pas dire raconter la fin.

HEROS : vous pouvez baser votre titre sur le nom de votre héros. Cette pratique caractérise les romances qui sont devenues des classiques (Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, le Cid). Cerise sur le gâteau, certains noms de héros passent carrément dans le langage courant, et deviennent des adjectif, tant le livre a marqué son lectorat : Roméo, Sherlock sont indissociables de la caractéristique des personnages. Avant que vous n’en arriviez là, je déconseille cette pratique pour votre premier roman à moins que vous n’ayez trouvé un nom qui soit vraiment accrocheur par lui-même (ce qui est plutôt rare).

EXOTISME : c’est assez courant de baser l’attractivité d’un roman sur son côté exotique. Du moins, ça l’était beaucoup dans les grand classiques. Du coup, ce qui sera mis en avant, c’est la localisation géographique (La vieille dame de Djerba, l’Homme de Rio). On peut pousser la chose à l’extrême (Voyage au centre de la terre, Chroniques Martiennes).

LES CLEFS D’ACCROCHE : Il y a plusieurs moyens pour attirer l’attention sur un titre. Vous pouvez jouer de la provocation (La femme parfaite est une connasse !), du contraste (orange mécanique), de l’humour… Pour l’humour, vous pouvez aller directement voir dans la catégorie du même nom, parce que le sujet est trop vaste pour que je rentre dans le détail ici. Mais gardez à l’esprit qu’un bon titre fait réagir le lecteur. Soit parce qu’il lui parle, soit parce qu’il suscite sa curiosité (très classique dans la plupart des polars), son amusement, son émotions. Dans cette catégorie, les livres témoignages exutoires ratent rarement leur cible lorsque leur titre comprend la pathologie dont il est question.

Les métaphores sont vos amies dans ce domaine. Un petit exemple, l’excellent livre de Philip K. Dick, Blade Runner, au titre original parfaitement mystérieux, qui a été traduit en français par : Les androïdes rêvent de moutons électriques. Alors, à votre avis, c’était un bon choix de titre ?… On ne peut pas dire que le public ait retenu ce nom, ce qui veut tout dire. Quelques métaphores : les raisins de la colère, les larmes du soleil, autant en emporte le vent

Autre stratégie : faire un jeu de mot. Très facile pour les expressions toutes faites, les lieux communs. Une petit précaution tout de même : gardez à l’esprit que votre titre doit rappeler votre livre. N’utilisez pas un proverbe biaisé qui n’a rien à voir avec la thématique de votre roman. Vous pouvez aussi détourner un titre déjà existant. Si votre livre est une référence satyrique à un incontournable de votre genre, ça fonctionnera. Par contre, si vous voulez qu’il acquière une identité propre… C’est un moyen de séduire un lectorat, encore faut-il être sûr que d’écorcher un monument de votre domaine ne froisse pas vos lecteurs. Réfléchissez à deux fois avant d’appeler votre roman fantasy-thriller Le Seigneur des Agneaux

EN PANNE D’INSPIRATION? ALLER, UN GENERATEUR DE TITRE : Une pratique courante emploie trois à quatre mots descriptifs : Le Truc De Machin, La Bidule de Truc… Il suffit d’associer un nom avec un verbe ou un adjectif, et de rajouter une pointe de contraste. Exemple. Un oiseau, et un truc que les oiseaux ne font pas : les aigles rampants. La pie soumise. Le hibou qui rêvait la nuit. Ça marche à peu près avec tout. Le train qui volait. Le ballon nageur. Vous voulez un genre particulier? Testons-le dans la romance : l’amoureux serein. La belle évanescente. Un thriller? le cadavre qui marchait. Bref. Vous pouvez jouer avec ça à l’infini, ça fonctionne presque systématiquement. L’avantage, c’est que cette structure est familière aux lecteurs, surtout dans le domaine des thrillers. L’inconvénient, c’est que du coup, votre titre risque de se noyer dans la masse.

Certains optent pour une phrase entière (les gens heureux lisent et boivent du café). Un bon titre évoque l’univers du roman, tout en titillant le futur lecteur, et c’est délicat d’arriver à une telle prouesse en juste deux ou trois mots. Mais ça doit quand même être votre objectif. Parce qu’un titre trop long est délicat à retenir intégralement, et peux desservir votre roman sur les moteurs de recherche. Même s’ils comportent de plus en plus des aides de recherche qui risquent de faire apparaitre votre roman avec quelques mots approximatifs, ça ne sera pas le cas tant qu’il ne sera pas connu. C’est donc une stratégie dangereuse, sauf s’il y a des milliers d’internautes qui le cherchent chaque jour…

Beaucoup d’auteurs se demandent quand choisir le titre. Avant la rédaction du roman? Après? Mon avis personnel est qu’il est bon d’avoir une solide notion initialement, mais qu’il faut être prêt à changer son fusil d’épaule. Parce que votre roman, une fois fini, sera surement différent de l’idée que vous vous en faisiez au départ. Donc vous pouvez avoir à modifier le titre pour être davantage fidèle. Vous pouvez aussi vous retrouver dans le cas de figure où votre titre est déjà pris. Vous pouvez vous entêter et décider de le prendre quand même. Après tout, c’est VOTRE titre. Mais imaginez ce qui va se passer quand votre entourage va vous demander comment se procurer le livre, et que vous ne pourrez donner que son titre ?…

Ce billet est décidément très long, et je n’ai fait qu’effleurer le sujet. Je l’aborderais plus profondément dans d’autres posts.

Et vous, comment avez-vous choisi vos titres de romans ? En êtes vous satisfaits? Avec le recul, les changeriez-vous?

SOURCES :
K. Iglesias : Writing for emotional impact
C Vogler : le guide du scénariste

One thought on “Le titre, c’est important? Comment trouver votre titre

  1. Bonjour
    J’ai 82ans, je viens d’écrire ma brève expérience mouvementée de jeune adjoint au maire de ma petite commune après les élections de 1959.
    Le titre de mon ouvrage (peut être un peu long) est intercalé de deux photos (distantes de 55ans) de l’auteur que je suis. Cette couverture me paraît être à la fois accrocheuse et résumer le contenu du livre. Ce qui me paraît s’inspirer de vos conseils que j’ai lu avec attention.
    Merci
    Rodolphe DUBOIS

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